My Epiphany

Mon Baptême – Du Deuil à la Destinée

L’année dernière, en ce jour précis, je me suis fait baptiser. Par la suite, j’ai rédigé un texte dans lequel j’exprimais ce que je ressentais avant et après le baptême, tout en réfléchissant aux enseignements que j’avais reçus à ce moment-là.
En le relisant aujourd’hui, il a résonné dans mon cœur plus que jamais. C’est incroyable de voir comment Dieu continue de révéler des significations plus profondes avec le temps.
J’aimerai le partager avec vous, tel que je l’avais écrit à l’époque.

“Aujourd’hui, c’était le jour de mon baptême, un jour que j’attendais avec impatience toute la semaine. Mais quand je me suis réveillée, quelque chose n’allait pas. Je n’étais pas aussi excitée que je l’avais imaginé. Dans les jours précédents, j’avais prié, demandant à Dieu de me guider. Je Lui avais demandé un signe s’il y avait une meilleure église ou un meilleur moment pour franchir cette étape. Comme je n’ai pas reçu de “non” clair de Sa part, j’ai décidé d’avancer par la foi, en faisant confiance à Son timing.

À l’église, nous avons reçu des instructions pour le baptême, puis le sermon a commencé. Je pensais que le message raviverait l’enthousiasme que j’avais ressenti plus tôt dans la semaine, mais j’ai eu du mal à me connecter. L’enseignement du pasteur était centré sur Actes 1:12-20, et portait sur Judas Iscariot. Il a décrit Judas comme un vilain dans l’histoire de Jésus, mais avec l’aide du Saint-Esprit, nous pouvons voir que Judas était aussi un instrument. Ses actions, bien que mauvaises, faisaient partie du plan de Dieu pour accomplir les Écritures. La trahison, la crucifixion, et finalement la résurrection, étaient toutes écrites bien avant qu’elles ne se produisent. Au fur et à mesure que le pasteur parlait, le message a commencé à résonner plus profondément. Voir le sermon ici

Pourtant, je n’étais pas submergée par l’émotion, comme je l’avais espéré. Je me suis demandé si c’était le poids de ce jour, le 7 avril, jour de la commémoration du Génocide contre les Tutsi au Rwanda. Peut-être que c’était pour cela que mon cœur était lourd. Néanmoins, j’ai poursuivi le baptême. Nerveuse et quelque peu incertaine, le moment est passé comme dans un flou. Je ne suis même pas certaine d’avoir entendu tout ce que le pasteur disait, mais c’était fait! Ensuite, j’ai changé de vêtements et j’ai célébré avec des amis autour d’un repas.

Plus tard, en rentrant chez moi, j’ai envoyé un message audio à une amie, racontant ma journée. En parlant, j’ai commencé à voir des liens entre le sermon, la commémoration, et la signification de mon baptême. Le Saint-Esprit révélait lentement ce que Dieu faisait en arrière plan.

L’enseignement du pasteur avait souligné que le Saint-Esprit est notre “tourneur de page”. Il nous aide à avancer dans l’histoire de nos vies, même quand nous sommes coincés sur des chapitres douloureux. En réfléchissant à cela, je me suis souvenue d’un sermon de Stephanie Ike que j’avais écouté la veille. Elle y racontait comment la mort de son père, une tragédie issue de trahison et d’injustice, l’avait finalement conduite à sa destinée en Christ. Dieu lui avait montré que le décès de son père, bien que douloureux, faisait partie du parcours qui l’avait menée là où elle devait être.

Cela m’a fait penser à ma propre histoire, en particulier aux événements du génocide. Je me suis souvenue de ce moment où j’étais assise dans une pièce avec ma famille, attendant que les miliciens décident de notre sort. Ils ont tué ma mère, deux oncles, et notre bonne, mais pour une raison inconnue, ils ont épargné ma sœur, mon cousin et moi. L’un d’eux a dit : “Laissez-les ; ils mourront de tristesse et de faim.” Il était rare que quelqu’un soit épargné, et pourtant, nous avons été laissés indemnes, bien que profondément traumatisés.

Pendant longtemps, je ne me suis pas vraiment demandé pourquoi nous avions survécu. Lorsque j’ai commencé ma marche avec Christ, j’ai attribué cela aux prières de ma mère. Mais aujourd’hui, Dieu me révélait quelque chose de plus profond. Tout comme les actions de Judas faisaient partie du plan de Dieu, les sacrifices de nos proches faisaient aussi partie de ce qui avait été écrit. Ce n’est pas une vérité facile à accepter, mais lorsque nous laissons le Saint-Esprit nous guider, nous pouvons commencer à voir le tableau plus large.

J’ai compris que j’étais restée coincée au milieu de mon histoire, incapable d’avancer pleinement. En refoulant mes émotions et en me détachant de la douleur de la perte de ma famille, je m’étais enfermée dans le passé. À travers le baptême, Dieu m’appelait à tourner la page, à accepter ce qui s’était passé, non pas pour minimiser les faits, mais pour les embrasser et en tirer des leçons.

Ce jour, le 7 avril, n’était pas une coïncidence. C’était un rendez-vous divin. Le même jour où je me souvenais des sacrifices de ma famille, je suis née de nouveau, j’ai fait un pas de foi pour affirmer ma marche avec Christ. Tout comme le Saint-Esprit tourne les pages de nos vies, j’étais invitée à tourner la page, du deuil vers la destinée.

Le pasteur avait dit : “Dans le chaos, de belles choses naissent.” Et je le crois. À travers la douleur et le sacrifice, Dieu écrit une histoire qui Lui rend gloire et donne un sens à nos vies. Mon baptême n’était pas seulement une déclaration de foi; c’était un pas vers l’acceptation de mon histoire et l’accomplissement de ce que Dieu a écrit pour moi.

Dans Son timing, le Saint-Esprit révèle ces vérités. Il ne nous laisse pas prisonniers du passé, mais nous guide vers l’avant, une page à la fois, vers Ses promesses.”

Fille d’Epiphaniya


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